Le sous-sol ne laissait pas beaucoup pénétrer la lumière du jour mais c'était la meilleure place pour s'isoler. L'humidité envahissait cet endroit sombre, pourtant son abri permettait à Stéphanie de se rafraîchir pendant les saisons chaudes. Elle avait 14 ans. Son espace l'isolait des autres pièces communes, ce qui lui permettait toutefois d'apprécier sa solitude.
À maintes reprises, Jacinthe s'interposait comme si un intrus brisait un silence que l'on croyait avoir eu pour de bon. Ses propos banals l'accusaient ou la dénigraient. Par contre, plus l'adolescente solitaire s’assagissait, plus elle comprenait que cela ne valait plus la peine de rétorquer. Même si elle lui interdisait de sortir voir ses amis, Stéphanie se montrait indifférente à cela, puisqu'elle avait trouvé un moyen de sortir de son trou lorsque sa belle-mère la croyait enfermée dans sa chambre.
Cette adolescente voyait ses amis en cachette dans la ruelle ou au parc. Elle usait de se libérer pour se divertir et d'oublier ses problèmes chez elle. En dépit de se tenir avec des gens qui aimaient s'amuser avec certaines substances dont on aime abuser, le bon sens de Stéphanie lui permit un jour de s'en débarrasser. Elle possédait une immense volonté de continuer de s'épanouir même si la vie lui apportait plus d'événements négatifs que positifs.
À l'école, sa manière d'être fréquemment optimiste par rapport à sa vie provoquait chez certains camarades d'école une jalousie inapaisable envers elle. Couramment persécutée par eux, elle défendait ses convictions avec ferveur. De plus, s'il advenait à l'adolescente de se décourager en raison de leurs moqueries mesquines, son objectif précis d'apprécier la vie la remettrait sur pied. Son privilège d'être sincère avec elle-même lui permit de comprendre ce qu'était le bonheur.
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